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PIERRES ET TERRE 34
FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES, MINES ET MÉTALLURGIE,
TOUS LES SITES VOSGIENS

Ce collectif d'auteurs détaille l'ensemble des résultats obtenus par les différentes équipes qui ont conduit l'archéologie des sites miniers et métallurgiques. C'est un état des lieux de la recherche au bout d'une décennie de pratique officielle de la discipline, qui vient en complément du Catalogue de l'exposition Vivre au Moyen Âge (Strasbourg, 1990).

Chaque site du massif vosgien fait l'objet d'une notice de une à deux pages, richement illustrée.

SOMMAIRE

Première partie : les Vosges des Ballons

Chap. I, la retombée méridionale des Vosges

Chap. II, la bordure sud-est des Vosges

Chap. III, les vallées alsaciennes

Chap. IV, les vallées occidentales lorraines et franc-comtoises

Deuxième partie : Sainte-Marie-aux-Mines

Chap. I, l'Altenberg

Chap. II, le Neuenberg

Chap. III, le Bluttenberg

Chap. IV, le Versant lorrain

Troisième partie : les Vosges centrales

Chap. I, la métallurgie

Chap. II, le val de Villé

Chap. III, La Croix-aux-Mines et ses environs

Quatrième partie: le fer et sa métallurgie

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Date de publication : mai1990

160 pages A4

Broché

Nombreuses cartes, plans de fouilles, dessins d'objets archéologiques, plans de réseaux, cartes souterraines

Poids : 588 g

Disponible (voir page contact) au prix

de :

10 €

Extrait (texte complet, sans les illustrations)

INTRODUCTION

 

Une archéologie nouvelle ?

    On se complaît à désigner l’investigation des mines et de la métallurgie comme “une archéologie nouvelle”. Celle-ci exhibe certes une vigueur juvénile vis-à-vis de bien d’autres disciplines acquises. Certes, elle cherche encore ses marques pour imposer son image auprès d'institutions scientifiques assises. Mais l’archéologie minière a déjà un passé. Sans remonter aux travaux des précurseurs du siècle dernier, ne voilà-t-il pas près de trente ans que certain club alsacien en a jeté les prémices ? 
    Sans avouer son nom, coulée, presque en cachette, dans la spéléologie minière tonitruante, l’archéologie minière des débuts n’a pas connu de maître. Par la méthode empirique qu’elle s’est forgée, elle accomplit son travail de fourmi, par des topographies grossières au début, et puis, pas-à-pas, plus méticuleuses, par une couverture photographique progressivement orientée à des fins didactiques. Mais aussi par les erreurs réitérées qui confortèrent l’expérience, par une sensibilisation croissante de ceux qui en sont les artisans, et surtout par le mérite qu’elle eût d’ôter le voile sur un monde brusquement livré à l’investigation. Les numéros 1 à 22 de “Pierres et Terre” s’en font l’écho. Et peut-on nier que l’action des “gros bras”, ouvreuse d’Aventure, soit de nos jours reconnue comme l’une des facettes incontournables de l’archéologie minière, et très académiquement admise ?

    Et c’est sans doute le premier Rassemblement Annuel des Spéléologues-Archéologues Miniers de l'Est (Soultz, avril 1981) qui produisit le déclic, la prise de conscience: le massif vosgien recélait dans son sous-sol un réservoir inestimable d’investigations scientifiques.

    La suite, on la connaît : le programme H 27 (maintenant H 3) des fouilles archéologiques nationales “Mines et Métallurgie dans la France de l’Est del’Antiquité à l’Epoque moderne” (fondé par Paul Benoit en 1981), les contacts nouveaux qui permirent aux équipes locales de maîtriser les techniques de la fouille (en contre-partie de leur savoir-faire dans des domaines par ailleurs méconnus), leur structuration en une Fédération Patrimoine Minier interrégionale (1986), les satisfactions et les déconvenues des porteurs de projets

Une archéologie qui rassemble

    L'’investigation des mines et de la métallurgie n’est pas une archéologie comme les autres. Plus sans doute que toute autre,elle fait appel à l’esprit d’interdisciplinarité. L'objet des exploitations anciennes ne peut en effet être compris que par le géologue (ou le gîtologue). D’où l'objectif primordial, pour atteindre à cette mission, de fédérer les chercheurs en sciences humaines et sciences de la Terre. C’est pourquoi l'institut de géologie de Strasbourg devint, un temps, une pépinière de spéléologues-archéologues miniers.
    Fédérante, cette recherche l’est également sur un plan géographique. On connaît peu de domaines dans l’archéologie française
où les différentes équipes soient aussi étroitement enclin à partager, mettre en commun (Groupe d'Histoire des Mines et de la Métallurgie, Association du Programme H3, Fédération Patrimoine Minier.….). L'exposition “Vivre au Moyen-Age” à Strasbourg (1990) en est l’un des échos. Enfin, l’objet même de la recherche, qui se définit en termes de “provinces” minières (dont la province
minière germanique constitue le fleuron), se rit des frontières et appelle à une collaboration internationale (dont par exemple le colloque de Strasbourg sur les techniques minières, en avril 1988, a été un catalyseur).
    Fédérante, la recherche l’est enfin entre les professionnels généralement universitaires et les amateurs (au sens de celui qui aime ce qu’il fait, donc s’y donne avec passion). Les premiers sans les seconds n’auraient aucun rayon d’action  

​Et la finalité de l’histoire ?

    Si l’on devait fixer l’investigation des mines et de la métallurgie dans une figuration simple, le triangle présenté ici est sans doute
approprié. Deux de ses sommets matérialisent les deux grands moyens d'approche, les textes (histoire) et le terrain (géologie et archéologie). Selon les cas de figures, l’un ou l’autre sera prépondérant, mais la plupart du temps, on observera une juxtaposition des deux types d’enquète. Leur la publication prolongement, la publication (à commencer par le rapport de fouille), représente 
le premier effort de consignation, puis d'intégration, des données brutes, analytiques : celle-ci sera à prédominance
tantôt historique, tantôt archéologique, le plus souvent teintée des deux. Et ce canal conduit tout naturellement au troisième
pôle de notre triangle, celui des leçons de la recherche. Celles-ci elles mêmes offrent une tripartition :

 - la synthèse , produit élaboré à son niveau optimal d’expression *

 - la mise en valeur dont  l’objectif essentiel est de mettre à la portée de tous un patrimoine public dont on ne souhaite pas qu’il ne reste compris que par un cénacle de spécialistes. Cette mise en valeur va très loin, jusqu’à la promotion d’un tourisme qui peut être
générateur d’emplois ;
- l’expérimentation : les enseignements constituent en effet le tremplin vers une recherche nouvelle (l’archéologie expérimentale) elle-même indissociable par  certains côtés de la mise en valeur. Un exemple: une expérience qui consisterait à extraire des minerais, à les valoriser, à en pratiquer la métallurgie, dans un souci d’autenthicité historique, et en faire une démarche attractive autant que didactique. La forme la plus élaborée de la recherche.

 

Notre bilan
 

    L'oeuvre entreprise dans le massif vosgien et ses marges, si elle n’en est pas encore tout à fait là, n’en constitue pas moins un modèle, sans doute même fait-elle figure de “locomotive” (la densité des opérations est là pour en témoigner). Et c’est ici l’occasion, après dix ans d’officialisation, d’en faire l’examen de conscience. Ce cahier n’a que pour but d’en présenter la quintessence, sous la forme d’un catalogue-panorama.
    C’est la première occasion qui nous est offerte d’une revue analytique de l’ensemble des opérations. Presque toutes les équipes, contactées, ont répondu à notre appel. La petite carte jointe présente l’ensemble des opérations réalisées dans les Vosges cristallines,
dont les deux-tiers (et en tous cas presque toutes les opérations officielles) sont ici décrites. Celles-ci consistent en :

 - 19 fouilles programmées financées par la Sous-Direction à l’Archéologie du Ministère de la Culture (et souvent les collectivités territoriales),
- 8 prospections-inventaires toutes programmées (sauf une),
- 10 sondages (autorisations de la direction régionale des Antiquités historiques) : il peut s’agir de l’ouverture d’un réseau
pour étude souterraine, ou de sondages ou tranchées sur des structures de surface,

 - 9 sauvetages ; même remarque que pour les sondages, mais il s’agit ici d’opérations urgentes sur des sites menacés ;

s’y ajoutent des édifices cultuels.

 

    Nous avons adjoint à ce corpus d’opérations très officielles ce que nous désignons comme “opérations archéologiques légères”. Celles-ci, conduites en grande partie avant l'introduction de l’archéologie dans le milieu, consistent en cartographies ou inventaires de vestiges de surface, ou en topographies de réseaux souterrains. La collection des numéros anciens de “Pierres et Terre“ s’est largement fait l’écho de ce type d’actions ; nous en avons ici sélectionné un petit nombre, dans des secteurs non encore (ou pas vraiment) couverts par les opérations programmées, pour la qualité des résultats qu’elles ont livrés.

 

Anarchie ou structure ?

 

    Un examen superficiel pourrait donner l'illusion d’une certaine dispersion, d’une atomisation des objectifs géographiques, qui serait le résultat de l’aspiration de chaque club local à promouvoir son propre patrimoine local. De fait, il n’en est rien. Tout d’abord convient-il de ne pas dévaloriser l’animation locale. Ensuite, ce patrimoine est fragile, et l’ignorer conduit à le laisser en proie aux
pilleurs et marchands de tout poil, dont la pression est très forte. Mais surtout, si même le nombre, la qualité et la puissance de travail des équipes sont à prendre en compte, la grande majorité des opérations sont complémentaires, de même que le sont les problématiques inhérentes à chaque site ou famille de sites, souvent originales. Et c’est justement pour  éviter cet écueil que l’ensemble des clubs et associations de la grande région Est se sont regroupés en une fédération (qui a sa propre Commission Scientifique dont l’objectif est d’harmoniser les actions, de proposer une politique, ce qu’elle fit déjà en 1986) et se retrouvent plusieurs fois par an autour de manifestations scientifiques. D’ailleurs, cette même fédération entreprend depuis peu la gestion de banques de données sur certaines techniques minières (le percement, l’exhaure), sur les structures de surface liées à l’industrie minière, sur les migrations de personnes et de savoir-faire.


A lire absolument


    Mais ce catalogue - nous nous répétons - se veut analytique. Le lecteur trouvera une première esquisse de bilan, tant global que thématique, dans le  Catalogue de l’exposition “Vivre au Moyen-Age” (Strasbourg, 1990) qui est rigoureusement complémentaire de ce numéro de Pierres et Terre. On y trouvera notamment des traitements thématiques concernant les techniques de l’extraction, de la purification, de la métallurgie, mais aussi un bilan des opérations par tranches chronologiques, par types de matériaux, par types de structures de surface, ainsi qu’une analyse “structurelle” de l’archéologie minière (nous jugeons cependant utile d’en reproduire ici l’organigramme comme base de discussion, de référence et de réflexion).

Le fer antique.


    Enfin, nous avons voulu - et sans-doute cette initiative vient-elle à son heure - déborder le cadre géographique strict des Vosges cristallines pour nous intéresser aussi à ses marges, notamment les reliefs de grès vosgien (grand réservoir de fer) et les pays de collines ou de piémont de l’Alsace (le Sundgau reste malheureusement encore à l'écart). Ceci n’est pas sans finalité. La problématique que sous-tendent ces sites rejoint en effet l'extraction et la métallurgie du fer jusque dans l’Antiquité (et peut-être au-delà), créneau qui fait le bonheur des archéologues lorrains et surtout franc-comtois, où les sites se dénombrent par dizaines. En la matière, l’Alsace fait encore figure de parent pauvre, tant il est vrai que la production des métaux nobles a capté jusqu’à ce jour l’attention, et les énergies ; mais les premières découvertes de sites antiques et médiévaux (notamment 5 en Alsace du Nord ces trois dernières années, dont 3 sont ici décrits) augurent de cette dimension nouvelle à notre recherche. Ce catalogue est assorti d’une nouvelle bibliographie générale de références parues entre 1980 et 1990, qui vient donc prendre la relève de celle publiée par J. M. Le Minor en 1981 (Pierres et Terre N°21, p. 55-63) 
 

Pierre FLUCK

(Retrouvez les illustrations dans la revue, encore disponible)

Extrait (texte complet, sans les illustrations)

CHAPITRE 1. LA RETOMBEE MERIDIONALE DES VOSGES

LEPUIX-GY, GIROMAGNY : LES MINES DU MONT-JEAN (TRAVAUX SOUTERRAINS ET VESTIGES DE SURFACE), PROSPECTION INVENTAIRE

    Durant quatre années, de 1983 à 1987, nous avons largement contribué à l'inventaire des travaux miniers à la base et sur les versants ouest et sud-ouest d'une petite montagne, le Montjean. Cette campagne a succédé à une intervention de sauvetage, consécutive à l’établissement d’un lotissement au lieu-dit Saint-Pierre à Giromagny.

    La fouille partielle du lotissement, réalisée dans des conditions difficiles, a donné un matériel métallique abondant qui, en grande partie, se trouvait à proximité d’un effondrement, qui n’est autre que l'emplacement d’un ancien puits. Certains objets présentent des traces importantes d’usure et témoignent de l’existence d’une machine hydraulique d’exhaure connue aussi des textes anciens.

    A partir du lotissement Saint-Pierre, nous avons recensé tous les travaux visibles en surface et étudié le maximum de galeries.
Les topographies aériennes et souterraines ont été rapprochées, ce qui a permis d’établir la carte jointe ici. 

    Au cours de nos travaux, nous avons rencontré de nombreuses galeries de recherches comblées ou non, des accès aux grands travaux d’exploitation. Nous avons localisé une occupation continue à proximité d’une galerie sur la halde de laquelle des sondages ont livré un matériel archéologique important mais fragmentaire : céramique, verre de vitre, verre à boire, couteaux, céramique de poêle, etc.
    Aucune des galeries visitées n’a montré de traces de l’utilisation de la poudre, ainsi leur datation ne pourrait dépasser le premier quart du XVIIème siècle. Il n’est pas possible, ici, de détailler plus nos travaux. Nous prions le lecteur de se reporter à l’article “Quatre années de prospection-inventaire au Montjean: premiers résultats”, Michel RILLIOT et Jacques THOMAS, Annales Littéraires de l’Université de Besançon, 1990.


Jacques THOMAS, Michel RILLIOT G.D.E.A. Territoire de Belfort

(Retrouvez les illustrations dans la revue, encore disponible)

Extrait (texte complet, sans les illustrations)

AUXELLES-HAUTLE TRAVERS-BANCS DE LA MINE SAINT-JEAN, LA PROBLEMATIQUE DE L’EXHAURE

    En 1988 nous avons entrepris l’étude de la galerie située à la cote 600. La problématique essentielle de cette galerie est

la chronologie des traces laissées par les machineries d’exhaure, par la conduite forcée supposée, par les aménagements successifs, qui s’échelonnent de la fin du XVIème siècle à la fin du XIXème siècle. L'exploitation minière sur le territoire de cette commune est plus ancienne. Un document de 1472, émanant de la cour des comptes de Charles de Téméraire, parle des mines d’Auxelles. La “dernière exploitation” remonte à 1890, pour la galerie étudiée.

    Nous avons rencontré comme les précédents exploitants le problème de l’eau. Après pompage nous avons effectué les relevés topographiques jusqu’aux travaux les plus éloignés dans la montagne, à 231 m de distance de l’entrée. De plus nous avons positionné, tant pour la partie gauche que droite de la galerie, les niches et  encoches (une centaine), les trous de fleurets (une centaine) avec leur direction, ainsi que trente deux mètres de traces de frottements. Dix-sept sections de la galerie ont été faites.

Onze cartes à l’échelle du 1/100e recouvrant l’ensemble du réseau, ainsi que dix-huit cartes représentant les parois (gauche et droite) ont été dressées.

    Une roue était installée à l’intérieur de la montagne et l’énergie était amenée à l’intérieur de la mine par un moyen non reconnu à l’heure actuelle. En 1715, un rapport mentionne deux roues à l’intérieur de la galerie dont l’une a été “refaite il y a un an et l’autre a été nouvellement établie”. Ces installations ont laissé des traces. Nos relevés sont difficiles à interpréter et à rapprocher des archives

 

  
Jacques THOMAS, Michel RILLIOT G.D.E.A. Territoire de Belfort

(Retrouvez les illustrations dans la revue, encore disponible)

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