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PIERRES ET TERRE 38

Ce numéro de Pierres et Terre a pour premier thème l'éclairage dans les mines anciennes.

SOMMAIRE

Éditorial, par Pierre FLUCK

 

Colloque de Sainte-Marie-aux-Mines, septembre 2001

 

B. BOHLY avec les contributions de Fr. LIEBELIN et H. SCHOEN - L’éclairage dans les mines du massif vosgien à la période moderne, à travers les documents d’archives

B. BOHLY, avec la collaboration de DANIEL MARTIN - Les lampes et ustensiles relatifs à leur utilisation, découvertes en contexte archéologique sur les sites miniers des Vosges méridionales

Fr. KUHN - Les lampes à suif découvertes dans un contexte de fouilles dans le Val de Lièpvre, à Lusse et dans le Val de Villé

R. ACKERMANN - Deux lampes médiévales de la mine Silbergründle près de Seebach (Forêt-Noire)

D. MORIN, P. COURBET & M. PY - L’éclairage dans les mines de fer oolithique (XVIIIe-XIXe s.) – À propos de trois lampes issues des mines de fer oolithique de Calmoutier et de Colombotte (Haute-Saône)

Fr. KUHN - Les lampes à huile du XIXe siècle des sites miniers des Vosges

Fr. KUHN - L’éclairage dans les mines : l’approche expérimentale

Varia

D. BOURGEOIS - Mines et démographies : notes sur quelques indicateurs dans les Vosges méridionales

G. BISCHOFF - Documents inédits sur les mines de la vallée de Masevaux au début du XVIe siècle

L’actualité de la recherche, massif vosgien (bilans d'actions des différentes associations et de nos partenaires)

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Date de publication : février 2023

132 pages A4

Broché. Poids 520 g.

Nombreuses illustrations en quadrichromie

Disponible (voir page contact) au prix

de :

20

Extrait

L’éclairage dans les mines du massif vosgien à la période moderne, à travers les documents d’archives

 

Bernard BOHLY, avec les contributions de François LIEBELIN†et Henri SCHOEN†

Résu : L’étude de nombreux comptes détaillés de plusieurs districts vosgiens (Giromagny, Vosges saônoises, vallée de la Doller, Steinbach), répartis entre la fin du XVe et le XVIIIe siècle n’a révélé que rarement des achats de lampes, suggérant qu’elles étaient acquises à leurs frais par les mineurs. Par contre la fourniture de suif, principal combustible jusqu’au milieu de XVIIIe siècle, est largement documentée, montrant la part importante qu’elle représentait pour les exploitants, mais également pour les mineurs quand ils étaient rémunérés en fonction de leur production. L’utilisation de l’huile à partir de 1745 à Giromagny a permis d’abaisser notablement le coût de ce poste, tout en entrainant une évolution de la forme des lampes afin d’éviter qu’elles ne débordent.

Zusammenfassung : Die Untersuchung zahlreicher detaillierter Berichte verschiedener Vogesenbezirke (Giromagny, Saonische Vogesen, Dollertal, Steinbach) zwischen dem Ende des 15. und 18. Jahrhunderts ergab nur selten Lampeneinkaufen, die darauf hindeuten, dass sie von den Bergleuten auf eigene Kosten erworben wurden. Dagegen ist die Versorgung mit Talg, dem Hauptbrennstoff bis zur Mitte des 18. Jahrhunderts, ausführlich dokumentiert ; das zeigt, welche grosse Bedeutung diese Versorgung für die Gesellschaften darstellte, aber auch für die Bergleute, wenn sie entsprechend ihrer Produktion entlohnt wurden. Die Verwendung von Öl ab 1745 in Giromagny ermöglichte es, die Kosten für diesen Posten erheblich zu senken, während gleichzeitig die Form der Lampen verändert wurde, um ein Überlaufen zu verhindern.

Extrait
Les lampes et ustensiles relatifs à leur utilisation, découvertes en contexte archéologique sur les sites miniers des Vosges méridionales

Bernard BOHLY avec la collaboration de Daniel MARTIN
Les photographies sont de Daniel RUDLER, sauf mention contraire.

Résumé : La rareté des lampes retrouvées lors de nos investigations sur les sites miniers de la moitié sud des Vosges est souvent attribuée à l’idée que le mineur l’acquérait à ses frais et en prenait grand soin. Le fait qu’elles constituent un objet de collection explique aussi que leur découverte ne soit qu’exceptionnellement signalée. En partant de la présentation d’une vingtaine d’exemplaires, nous allons tenter de montrer l’évolution des lampes utilisées par les mineurs jusqu’à l’orée du XIXe siècle. De simples lampes domestiques en terre cuite utilisées en milieu souterrain au Moyen Âge, elles évoluent vers une forme spécifique importée vraisemblablement du Tyrol à la fin du XVe siècle. Au cours de la première moitié du XVIe siècle l’utilisation du métal accroît leur longévité, avant que le remplacement du suif par l’huile vers 1740 à Giromagny ne les dote d’un couvercle. Quelques accessoires liés à leur utilisation complète ce panorama.

Zusammenfassung : Die Seltenheit von Lampen, die bei unseren Untersuchungen in den Bergwerken der südlichen Hälfte des Vogesenmassivs gefunden wurden, wird oft auf die Vorstellung zurückgeführt, dass der Bergmann sie auf eigene Kosten erwarb und sehr sorgsam mit ihnen umging. Die Tatsache, dass sie ein Sammlerstück darstellen, erklärt auch, warum ihre Entdeckung nur in Ausnahmefällen gemeldet wird. Ausgehend von der Präsentation von etwa 20 Exemplaren wollen wir versuchen, die Entwicklung der von den Bergleuten verwendeten Lampen bis zum Beginn des 19. Jh aufzuzeigen. Von einfachen Haushaltslampen aus Ton, die im Mittelalter auch unter Tage verwendet wurden, entwickelten sie sich zu einer speziellen Form, die wahrscheinlich Ende des 15. Jahrhunderts aus Tirol importiert wurde. In der erstenHälfte des 16. Jahrhunderts erhöhte die Verwendung von Metall ihre Lebensdauer, bevor sie um 1740 in Giromagny durch die Ersetzung von Talg durch Öl mit einem Deckel ausgestattet wurden. Einige Zubehörteile, die mit ihrer Verwendung zusammenhängen, vervollständigen dieses Panorama.

Extrait
Les lampes à suif découvertes dans un contexte de fouilles dans le Val de Lièpvre, à Lusse et dans le Val de Villé

Frédéric KUHN

Résumé : La première moitié du XVIe siècle, période faste de l’exploitation minière des Vosges, apporte des améliorations notoires sur les lampes à suif des mineurs. On peut dire que le terme de lampe de mineur est né. L’influence des techniques minières de Saxe, du Tyrol ou de Bohême se vérifie aussi dans le type et la forme des lampes de mine. La qualité et l’ingéniosité des lampes à suif en fer de Sainte-Marie-aux-Mines en est un exemple très concret. Les exemplaires de lampes trouvées in situ montrent une certaine homogénéité dans la forme avec des accessoires inédits pour le Val de Lièpvre. Bien que rares et souvent en mauvais état, nous avons su tirer des informations précieuses sur des origines géographiques et des traditions minières au travers de cet outil si indispensable au mineur (et ô combien ignoré dans les anciens et nouveaux traités d’exploitation des mines).

Zusammenfassung : Die erste Hälfte des 16. Jahrhunderts, die Blütezeit des Bergbaus in den Vogesen, brachte erhebliche Verbesserungen an den Talglampen der Bergleute mit sich. Man kann sagen, dass der Begriff „Grubenlampe“ in dieser Zeit entstanden ist. Der Einfluss der Bergbautechnik aus Sachsen, Tirol oder Böhmen lässt sich auch an der Art und Form der Grubenlampen ablesen. Die Qualität und der Einfallsreichtum der eisernen Talglampen aus Markirch sind ein sehr konkretes Beispiel dafür. Die in situ gefundenen Exemplare zeigen eine gewisse Homogenität in der Form, mit für das Lebertal neuartigen Accessoires. Obwohl sie selten und oft in schlechtem Zustand sind, konnten wir durch dieses für den Bergmann so unentbehrliche Werkzeug (das in den alten und neuen Abhandlungen über die Bergbaubetriebe ignoriert wurde) wertvolle Informationen über geografische Ursprünge und Bergbautraditionen gewinnen.

Extrait
Deux lampes médiévales de la mine Silbergründle près de Seebach (Forêt-Noire)

Roland ACKERMANN

Résumé : Le profil caractéristique des galeries de la petite mine Silbergründle près de Seebach, au nord de la Forêt Noire suggère qu’elle a été exploitée au Moyen Âge (XIIIe – XIVe siècles). L’équipe qui a ré-ouvert cette mine en 1978 et 1989 y a découvert deux lampes à suif, au-dessus et au fond d’un puits noyé. De forme ronde, pourvues d’un bec pour la mèche, elles correspondent en tout point aux modèles en usage en milieu urbain ou castral au Moyen Âge. Une datation par thermoluminescence de l’une d’elle, associée à une analyse radiocarbone d’un fragment d’écorce de bouleau découvert dans le même contexte, les datent du XIVe siècle.

Zusammenfassung : Das charakteristische Profil der Stollen Silbergründle bei Seebach, ein kleines Bergwerk im nördlichen Teil des Schwarzwaldes, deutet auf einen Abbau im Mittelalter (13.-14. Jahrhundert) hin. Das Team, das die Stollen 1978 und 1989 wieder eröffnete öffnete, entdeckte zwei Tonlampen, die eine auf dem Grund eines wasserverfüllten Gesenks, die andere auf einem kleinen Felsvorsprung neben dem Gesenk. Beide haben eine runde Form, sind mit einem Schnabel für den Docht versehen und entsprechen in jeder Hinsicht den Modellen, die im Mittelalter im städtischen und adeligen Umfeld verwendet wurden. Eine Thermolumineszenz-Datierung einer von deren der Lampen, verbunden mit einer Radiocarbon-Analyse eines Fragments von Birkenrinde, das in unmittelbarer Nähe entdeckt wurde, geht auf das14. Jahrhundert zurück.

Extrait
L’éclairage dans les mines de fer oolithique (XVIIIe - XIXe s.) – À propos de trois lampes issues
des mines de fer oolithique de Calmoutier et de Colombotte (Haute-Saône)


Denis MORIN, Pierre COURBET & Michel PY

Résumé : Les lampes à huile à feu nu ont été utilisées de manière courante dans les mines de fer oolithiques de Franche-Comté. Pour autant, les exemplaires retrouvés en contexte à l’intérieur des galeries sont rares. Cette contribution présente trois modèles inédits découverts au cours des campagnes d’exploration et de topographie. Elles proviennent des mines de Calmoutier et de Colombotte, deux exploitations en pleine activité aux XVIIe-XIXe siècles dans la région de Vesoul (Haute- Saône), et dont les réseaux étaient restés jusqu’ici inexplorés. Ces lampes de fabrication artisanale se présentent sous la forme de petits boîtiers en métal munis d’un orifice destiné au remplissage du réservoir, et d’un dispositif pour la mèche. Disposées dans des niches aménagées, il est possible qu’elles accompagnaient d’autres modèles de lampes à l’avancement, à crochet cette fois, dont les traces sont visibles sur les parois.

Zusammenfassung : Öllampen mit offenem Feuer wurden in den oolithischen Eisenerzgruben der Franche-Comté häufig verwendet. Dennoch bleiben Gegenstände, die im Kontext innerhalb der Stollen gefunden wurden, selten. Dieser Beitrag stellt drei unveröffentlichte Modelle vor, die während der Erkundungs- und Vermessungskampagnen entdeckt wurden. Sie stammen aus den Gruben bei Calmoutier und Colombotte, zwei
Betrieben, die im 17. bis 19. Jahrhundert in der Gegend von Vesoul (Haute-Saône) voll in Betrieb waren, und deren Netzwerke bislang unerforscht geblieben waren. Diese handgefertigten Lampen bestehen aus kleinen Metallgehäusen mit einer Öffnung zum Befüllen des Behälters und einer Vorrichtung für den Docht. Sie wurden in Nischen aufgestellt und waren möglicherweise von Hakenlampen begleitet, deren Spuren an den Wänden zu sehen sind.

Extrait
Les lampes à huile du XIXe siècle des sites miniers des Vosges

Frédéric KUHN

Résumé : Ce chapitre illustre le passage des lampes à suif vers les lampes à huile. Si l’huile s’est progressivement substituée au suif, l’arrivée du carbure de calcium a décuplé le pouvoir éclairant des lampes de mineur. Les nombreuses lampes à huile encore conservées dans les familles et chez les collectionneurs de lampes sont autant de témoins sur les origines et habitudes de ces mineurs venus de régions minières souvent très éloignées. Contrairement aux lampes à suif du XVIe siècle, elles sont
bien plus nombreuses et souvent dans un excellent état de conservation. Une étude détaillée sur les constructeurs de lampes et des essais réalisés in situ nous confirme les origines et performances de cet outil.


Zusammenfassung : Dieses Kapitel veranschaulicht den Übergang von Talglampen zu Öllampen. Zwar wurde der Talg allmählich durch Öl ersetzt, doch mit der Einführung von Kalziumkarbid verzehnfachte sich die Leuchtkraft der Bergmannslampen. Die vielen Öllampen, die noch in Familien und bei Lampensammlern aufbewahrt werden, sind Zeugen für die Herkunft und die Gewohnheiten der Bergleute, die aus oft weit
entfernten Bergbauregionen kamen. Im Gegensatz zu den Talglampen aus dem 16. Jahrhundert sind sie weitaus zahlreicher und oft in einem ausgezeichneten Erhaltungszustand. Eine detaillierte Studie über die Lampenhersteller und vor Ort durchgeführte Tests bestätigen uns die Ursprünge und Leistungen dieses Werkzeugs.

Extrait
L’éclairage dans les mines : l’approche expérimentale

Frédéric KUHN

Résumé : Devant le manque de données sur la performance des lampes à suif et à huile, nous avons réalisé des essais in situ et des mesures d’éclairement. Les résultats observés mettent à mal la réputation de ces lampes « puantes et fumantes ». Certains accessoires trouvés lors des fouilles ont également pu être identifiés clairement comme faisant partie des lampes à suif. Un échange très intéressant avec des experts allemands et tchèques a confirmé l’origine « exotique » des formes et
accessoires rencontrés dans les Vosges.


Zusammenfassung : Angesichts des Mangels an Daten über die Leistung von Talg- und Öllampen haben wir Feldtests und Messungen der Beleuchtungsstärke durchgeführt. Die beobachteten Ergebnisse stellen den Ruf dieser „stinkenden und rauchenden“ Lampen in Frage. Einige der bei den Ausgrabungen gefundenen Zubehöre konnten ebenfalls eindeutig als Teile von Talglampen identifiziert werden. Ein sehr interessanter
Austausch mit deutschen und tschechischen Experten bestätigte den ëxotischenÜrsprung der in den Vogesen gefundenen Formen und Zubehörteile.

Extrait
Mines et démographies : notes sur quelques indicateurs dans les Vosges méridionales

David BOURGEOIS

Résumé : L’exploitation d’un nombre croissant de filons argentifères dans différentes parties du sud des Vosges à partir de la seconde moitié du XVe siècle, quelle qu’en ait été la tutelle politique, a entraîné un profond bouleversement démographique. L’afflux de travailleurs dédiés au travail de la mine, bien qu’il ne puisse être quantifié finement par les sources à la fin du Moyen Âge et au XVIe siècle, peut aisément se dessiner par la création de nouvelles localités et paroisses. Ces nouvelles
occupations humaines ont été créées relativement rapidement après les premiers coups de pioche et ont durablement modifié la géographie humaine et physique du sud du massif vosgien.


Zusammenfassung : Der Bau einer wachsenden Zahl von Silbererzgängen in verschiedenen Gebieten der Südvogesen ab der zweitenHälfte des 15. Jahrhunderts führte unabhängig von der politischenAufsicht zu einer tiefgreifenden demografischen Veränderung. Der Zustrom von Arbeitern, die sich der Bergarbeit widmeten, lässt sich, obwohl er erst im späten Mittelalter und im 16. Jahrhundert anhand der Quellen genau quantifiziert
werden kann, leicht an der Gründung neuer Ortschaften und Pfarreien ablesen. Diese neuen Siedlungen entstanden relativ schnell nach den Eröffnungen der ersten Bauarbeiten und veränderten die menschliche und physische Geografie des südlichen Vogesenmassivs nachhaltig.

Extrait
Documents inédits sur les mines de la vallée de Masevaux au début du XVIe siècle

Georges BISCHOFF

Résumé : Au hasard de mes recherches sur l’Alsace autrichienne au XVe et au XVIe siècle, je suis tombé sur un petit dossier relatif à Masevaux, dans la série JJ Communes et Couvents des Archives municipales de Colmar. Classés sous la cote JJ CC 327, ces documents comprennent notamment deux lettres adressées à l’intendant des mines de Masevaux, Hans FLECHSNER ou FLEXNER. J’ignore comment elles sont parvenues à Colmar. La transcription et la traduction que voici projettent une vive lumière sur l’exploitation minière et ses agents.

Zusammenfassung : Im Zuge meiner Forschung über das österreichische Elsass im15. und 16. Jahrhundert stieß ich in der Serie JJ „Gemeinden und Klöster“ des Stadtarchivs von Colmar auf eine kleine Akte in Bezug auf Masevaux. Unter der Signatur JJ CC 327 eingestuft, umfassen diese Dokumente unter anderem zwei Briefe an den Bergwerksverwalter von Masevaux, Hans Flechsner oder Flexner. Ich weiß nicht, wie diese Briefe nach Colmar gelangten. Die Transkription und die Übersetzung werfen ein helles Licht auf den Bergbau und seine Betreiber.

Extrait
L’actualité de la recherche dans le massif vosgien

Haut-du-Them/Château Lambert (Hte-Saône) – Haldes de Saint Georges
Denis MORIN

Dans le cadre de travaux de recherche récents, un ensemble inédit d’outils macrolithiques a été mis au jour sur le site des mines de La Grande Montagne à Château-Lambert (Haute-Saône). En 2021, à la suite de travaux de terrassements effectués dans les haldes lors de la pose d’un pylône relais, une opération archéologique de sauvetage a permis de recueillir un macro-outillage lithique composé de percuteurs/broyeurs sur galets et de tables de broyage massives façonnées à partir de blocs de roche métamorphique. Les outils sur galets représentent quatre grandes catégories fonctionnelles ce que confirment les analyses tracéologiques : percussion, concassage, abrasion et aussi polissage. Ces vestiges antérieurs à l’époque moderne et inédits sur le site de La Grande Montagne, confortent les découvertes réalisées dans les galeries à proximité des affleurements. Ils
sont liés à l’exploitation et au traitement de la chalcopyrite et témoignent des premières activités minières et, selon toute hypothèse métallurgiques, dans cette vallée enclavée du massif. Ils sont à mettre en relation avec d’autres corpus aux caractéristiques similaires... (la suite de l'article dans la revue).

Le Thillot - activités de la SÉSAM

Francis PIERRE
 

La fouille d’une structure située dans le domaine minier ancien du Thillot commencée en 2019, a été poursuivie en 2020 dans des limites temporelles gouvernées par l’attribution de l’autorisation (fin juillet) et les contraintes sanitaires virales. Cette structure se trouvait recouverte par un monticule de pierres initialement repéré et attribué à une fonction technique d’exhaure des mines du XVIIIe siècle. L’habitat trouvé est une construction en pierres de 12 m x 5 m normale à la pente longée par un chemin empierré. Cette maison présente en enfilade trois cellules spécifiques de surfaces équivalentes. Le seuil identifié donne accès à une première pièce délimitée par un mur de refend et comporte une partie dallée jouxtant une face brûlée du mur de refend. Cette pièce est assimilable au « poêle » ou « stube » des maisons régionales lorraines, alsaciennes et comtoises où est installé le poêle de masse, le fameux kachelofen. Au revers de ce mur se trouvent dans la pièce suivante, les vestiges d’un âtre signant la fonction de « cuisine ». Entre les deux aménagements de ce « mur à feu » se trouve une communication aérologique en forme de niche bien construite. Cette deuxième pièce possède un sol en terre... (la suite de l'article dans la revue).

La mine dite des Lorrains à Giromagny (Territoire de Belfort)

Bernard BOHLY
 

En 2020 nous avons interrompu nos investigations sur ce magnifique petit réseau. Une petite équipe a poursuivi le déblayage des deux galeries, tout en respectant les couches archéologiques et en protégeant la voie de roulage en place. Elle a passé les zones éboulées qui nous avaient arrêtées en 2019 dans les deux galeries, butant rapidement sur des sitzort terminés par de superbes fronts de tailles en escalier de 1,20 m de hauteur. Une analyse dendrochronologique sur des pièces de la voie de roulage, financée par les « Trolls », la date des années... (la suite de l'article dans la revue).
 

Les mines polymétalliques de Wegscheid, vallée de Masevaux - Fouille programmée 2021

Bernard BOHLY
 

Les mines de Wegscheid ont fonctionné principalement au XVe siècle, sous l’impulsion de capitalistes bâlois, pour l’approvisionnement en cuivre et en argent de leur atelier monétaire. Elles ont été reprises dans la deuxième moitié du XVIe
siècle, puis entre 1908 et 1911. Elles se sont enfoncées profondément sous le talweg, mettant en œuvre le premier système hydraulique de pompage connu dans les Vosges. Nous les fouillons en continu depuis 2015, avec une pause en 2020, qui nous a permis d‘engager les travaux d’aménagements indispensables pour la poursuite des opérations. Nous avons profité de ce répit pour rédiger un rapport de synthèse de tous nos travaux sur ce site, depuis 1987. En 2021, nous avons fouillé un ensemble de grosses pièces de bois accumulées côte à côte pour sécuriser l’orifice du puits dans lequel fonctionnaient les pompes. Parmi elles gisaient ... 
(la suite de l'article dans la revue).

Mine Saint Nicolas à Steinbach

Jérémy MATHIS

Les travaux de réhabilitation de la mine Saint- Nicolas sont réalisés depuis 1990 par l’association minéralogique Potasse, avec un suivi archéologique assuré par le Groupe d’archéologie minière des Trolls.
Ces deux dernières années, plusieurs chantiers ont été menés en parallèle. La galerie principale. Dans la continuité des travaux entrepris depuis 30 ans, nous continuons de décombrer et sécuriser la galerie principale : d’après les archives sa longueur totale peut être estimée à 400 mètres. Depuis 2016, nous butons sur un gros éboulement au mètre 225, qui laisse présager un grand dépilage entièrement comblé. Ces deux dernières années nous avons encore évacué 300 wagonnets, et
avons enfin réussi à entrevoir la suite du réseau, ce qui nous donne l’espoir de passer ce cap en 2022 ! Le « puits rouge » dans le filon secondaire. Ce filon a été croisé à 75 mètres de l’entrée. Il s’agit d’une partie de la mine pour laquelle nous ne disposons d’aucun texte d’archive et dont le fonctionnement est difficile à... (
la suite de l'article dans la revue).

Place de la Fleur à Sainte-Marie-aux-Mines

Delphine BAUER & Pierre FLUCK

Le site du terrain Burger, place de la Fleur (Sainte-Marie-aux-Mines), a fait l’objet de quatre sondages en juillet 2021 à l’arrière de ce qui était le lieu de rassemblement des mineurs, l’auberge de la Blume (aujourd’hui détruite). C’est à l’arrière de cet endroit que se trouvait le principal atelier d’essayeur pour le premier XVIe siècle. Les sondages ont permis de mettre en évidence une occupation discontinue des lieux. En effet des niveaux de sol des XVIe et XIXe siècles, datés grâce à des tessons
céramique, ont été mis au jour dans les quatre sondages. Sous le plus ancien de ces niveaux, une couche dont l’épaisseur n’a pu être appréhendée (minimum 1,70 m), constituée de galets, de graviers et de sables dans une parfaite continuité granulométrique est apparue en coupe stratigraphique. Sa première interprétation est un dépôt alluvial chaotique de la Lièpvrette, tumultueux, de type torrentiel. Cependant le plus étonnant est la présence de scories et dans une moindre mesure de
fragments de ... 
(la suite de l'article dans la revue).

La mine Giro à Sainte-Marie-aux-Mines (vallon Saint-Philippe, massif de l’Altenberg, Haut-Rhin) - Mise en évidence d’un
système d’aérage combinant air guidé et air forcé

Joseph GAUTHIER

La mine Giro se situe au cœur de l’Altenberg, secteur minier exploité sans discontinuer de la fin de la période carolingienne à la guerre de Trente ans. Le secteur est principalement minéralisé en galène, secondairement en cuivre gris, dans une gangue de quartz et de sidérite. Le faisceau filonien est encaissé dans les gneiss à lithologie variés. La mine Giro fait l’objet d’un
programme de fouilles archéologiques depuis sa redécouverte en 2016. Le réseau se développe sur deux niveaux principaux (0 et - 20), chacun ouvrant sur des chantiers d’extraction supérieurs et inférieurs. L’observation des sens de creusement et des recoupements de galeries ont permis de déterminer trois phases d’exploitation. Il est possible d’attribuer la première phase au Moyen Âge central (Xe-XIIIe siècles), la deuxième aux XVe-XVIe siècles, et la dernière aux XVIIe-XVIIIe siècles. Une première datation absolue avait été réalisée en 2019 par dendrochronologie sur un étai (O. G IRARDCLOS), offrant un résultat équivoque situé dans la première moitié du... 
(la suite de l'article dans la revue).
 

Le carreau Sainte-Barbe à Sainte-Marie-aux-Mines (vallon Saint-Philippe, massif de l’Altenberg, Haut-Rhin)

Joseph GAUTHIER

Le carreau Sainte-Barbe, situé dans la partie médiane du vallon Saint-Philippe, secteur minier de l’Altenberg (Pb-Cu-Ag), à
Sainte-Marie-aux-Mines, est un site polyphasé présentant l’ensemble de la chaîne opératoire de production de l’argent sur des périodes allant du Moyen Âge central au XVIIIe siècle. Une fonderie des XIe-XIIe siècle a été sondée en 2012, un atelier minéralurgique du XVe siècle a été fouillé de 2014 à 2016, et l’étude porte actuellement sur une forge minière du XVIe siècle située sur la plateforme principale du carreau, juste au devant de la mine. L’atelier comporte deux foyers, dont l’un est particulièrement bien conservé tout comme son espace de travail (billots, bac de trempe, soufflet). Les campagnes 2020 et 2021 ont porté sur la fouille des sols de l’atelier. Un important volume de mobilier paléométallurgique (scories, battitures et fragments métalliques) a été prélevé. Alors que le bac de trempe du foyer 2 avait été trouvé vide de tout déchet métallurgique, le bac lié au foyer 1, mis au jour en 2021, est comblé par les effets des dernières trempes ayant été pratiquées. La fouille a
également permis demettre au jour un réseau de drainage destiné à assécher les zones de travail devant chacun des foyers. La gestion de l’eau fait aussi l’objet d’aménagements en extérieur, bien que l’on ne retrouve aucune trace d’un drain à l’amont immédiat du bâtiment. L’étude menée sur le mobilier paléométallurgique par Rémy JEANNOT permet d’approcher de plus près le travail des forgerons ainsi que leurs productions. Il semble établi que le fer travaillé dans cet établissement était un fer propre, bien préparé, qui arrivait sans devoir être épuré. Le fer fourni pourrait l’avoir été sous forme de... 
(la suite de l'article dans la revue).
 

Prospections et sondages sur les traces des premières activités de réduction du fer en Alsace 

François M AGAR

En juin et juillet 2022 les dernières opérations de terrain conséquentes de notre travail de thèse ont eu lieu à Kayserberg, Riquewihr, Rothau et Schirrhoffen. Les objectifs de cette campagne étaient de détecter de nouveaux ferriers, particulièrement
dans l’ensemble métallurgique de Hohe Schwaerz (Kaysersberg-Riquewihr), mais également d’implanter des sondages dans
plusieurs d’entre eux pour les dater et prélever des scories pour mener des analyses géochimiques. Les travaux menés dans le Haut-Rhin, ont permis de déterminer que deux ferriers de Kaysersberg-Riquewihr dataient du Bas-Empire et deux du début de l’époquemérovingienne. Le ferrier sondé à Rothau a révélé une activité au Xe siècle. Enfin, le site de Schirrhoffen s’est avéré
être un ferrier romain du Haut-Empire. Les datations de Kaysersberg-Riquewihr sont particulièrement inattendues. La culture
technique suggérait en effet une... 
(la suite de l'article dans la revue).

Extrait
La Fédération Patrimoine Minier

Pierre FLUCK

Bilan des activités 2021-2022 
Comme chaque année, 2021 et 2022 ont connu leur point d’orgue : la légendaire sortie du «Lundi de Pentecôte ». Décalée au 11 septembre, celle de 2021 a été l’occasion de s’immerger dans les avancées de la recherche sur le thème de l’hydraulique aux mines de cuivre du Thillot : les participants furent scotchés ! Nous en remercions la SESAME et son mentor Francis P IERRE. L’édition 2022 a rassemblé à Steinbach 65 participants à la découverte – ou redécouverte – du « grand trou » du Donnerloch, aboutissement de presque deux décennies de fouilles obstinées, suivie d’une incursion dans la mine
Saint-Nicolas, d’une flânerie forestière sur les diverses facettes du paysage minier, d’une visite de la collection minéralogique mise en valeur sur le site même par le Groupe Minéralogique Potasse, et pour les plus hardis d’un assaut à la mine de fer Herrengrube. Mais surtout et comme de coutume, ces Lundis de Pentecôte sont l’occasion d’échanger sur les avancées dans l’aventure des chercheurs, de partager les projets des uns et des autres, dans le climat de solidarité inscrit depuis toujours dans ces journées et qui se prolonge en soirée autour d’un dîner (pour 2022, un repas marcaire sur la chaume du Molkenrain). Que soient remerciés nos guides des Trolls et du Groupe Potasse pour cette belle journée !
Achevé à la rentrée 2019, le projet INTERREG Regio Mineralia dont nous étions partenaire s’est prolongé par diverses manifestations, à commencer par l’exposition des acquis du programme, que venaient compléter en chacune des localités ainsi mises en réseau (Sainte-Marie-aux-Mines, Wegscheid, Reichshoffen, Waldkirch, Fribourg, Sulzburg. . . ) des raffinements propres à ces divers lieux ; la société d’histoire et d’archéologie de Reichshoffen s’en est d’ailleurs faite l’écho dans une
série d’articles prolongeant les messages véhiculés par l’exposition. Dans les premiers temps de notre fédé, je me complaisais à expliquer qu’elle n’était pas un organisme extérieur prestataire de services. La « fédé », c’est l’intime ressenti de chacun, à travers son « club » ou son association, de faire partie d’une même grande famille qu’unit la soif de savoirs à l’égard des ressources du sous-sol, et de l’entêtement des sociétés passées à gagner ces trésors.
L’essence de la fédé n’est pas non plus à rechercher dans les liens qui relient ses différentes sections, elle en est la somme, la quintessence. C’est dire aussi que les avancées de la recherche, cette singulière odyssée, aboutissent à... 
(la suite de l'article dans la revue).
 

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